Ce produit n’est plus vendu. Notre recommandation actuelle : Imou Cruiser Dual 5MP+3MP.
Deux objectifs pour ne plus avoir à choisir
Toute caméra de surveillance extérieure impose le même arbitrage : soit elle couvre large et l’image se délite dès qu’on zoome, soit elle offre du détail mais rate ce qui se passe sur les côtés. La EZVIZ C9c 2K Dual règle le problème par la force brute : elle embarque deux objectifs distincts dans un seul boîtier. Un grand-angle en position haute pour la vue d’ensemble, un téléobjectif motorisé en position basse pour suivre et grossir.
Filiale grand public de Hikvision, EZVIZ commercialise ce modèle à environ 70 € — un tarif qui place la double optique motorisée sous la barre des 70€, là où la concurrence facture généralement ce type de configuration entre 130 et 200€. Nous avons analysé sa fiche technique et les retours publiés pour vérifier si le concept tient au-delà de l’argument marketing.
Fiche technique
| Caractéristique | Détail |
|---|
| Référence | C9c 2K Dual (CS-C9c) |
| Capteurs | 2 × 3 MP — 2K (2304 × 1296) chacun |
| Objectif haut | Grand-angle, orientation manuelle 240° horizontal / 15° vertical |
| Objectif bas | Téléobjectif 6 mm motorisé, 350° horizontal / 80° vertical |
| Zoom | Numérique jusqu’à ×8 sur le téléobjectif |
| Vision nocturne | Couleur (projecteurs LED) jusqu’à 40 m + infrarouge + mode intelligent |
| Détection | IA locale forme humaine + véhicule, co-détection inter-objectifs |
| Suivi | Automatique avec verrouillage de cible |
| Audio | Bidirectionnel (micro + haut-parleur) |
| Défense active | Sirène + flashs LED stroboscopiques |
| Connectivité | WiFi bi-bande (Wi-Fi 6) + port Ethernet |
| Alimentation | Secteur uniquement (bloc fourni) |
| Étanchéité | IP65, plage de -30 °C à 50 °C |
| Stockage | microSD jusqu’à 512 Go + EZVIZ CloudPlay optionnel |
| Compression | H.265 |
| Compatibilité | Alexa, Google Home |
| Prix | environ 70 € |
Déballage et installation
La boîte contient la caméra, un gabarit de perçage, la visserie et les chevilles, un kit d’étanchéité pour le raccord d’alimentation, le bloc secteur et un manuel renvoyant vers un QR code. Rien ne manque, ce qui n’est pas toujours le cas dans cette gamme de prix.
Le boîtier inspire confiance : le plastique est épais, il ne fléchit pas sous la pression, et les deux antennes WiFi se déplient pour aller chercher le signal. La certification IP65 couvre la pluie battante et la poussière, et la plage de fonctionnement annoncée de -30 °C à 50 °C dépasse largement ce qu’exige un climat français, y compris en montagne. Nous détaillons ce que recouvre exactement chaque indice dans notre guide sur les indices de protection IP.
L’installation se fait en quelques minutes. La base se détache du corps, ce qui permet de la visser au mur d’abord, puis de clipser la caméra une fois l’orientation trouvée — un clic net confirme la mise en place. Fixation murale, sous plafond ou sur poteau, les trois fonctionnent.
Le point à anticiper est ailleurs : la C9c 2K Dual n’existe qu’en version secteur. Pas de batterie, pas de panneau solaire, et malgré la présence d’un port Ethernet, pas d’alimentation PoE — ce port ne transporte que les données. Ce port filaire reste néanmoins un vrai plus pour une caméra qui tourne 24 h/24 dans une zone au WiFi capricieux, comme nous l’expliquons dans notre comparatif WiFi, PoE et 4G.
Deux optiques, deux usages complémentaires
C’est ici que la caméra justifie son existence. L’objectif du haut est un grand-angle fixe qui embrasse toute la scène : il est conçu pour capter d’un seul cadre un jardin entier, une allée et un portail. Son orientation s’ajuste manuellement sur 240° à l’horizontale avec une légère inclinaison de 15° — on le règle une fois à l’installation, puis on n’y touche plus.
L’objectif du bas est un téléobjectif 6 mm entièrement motorisé. Il pivote sur 350°, s’incline sur 80° et grossit jusqu’à ×8. C’est lui qui assure le suivi. Attention toutefois : ce zoom est numérique, pas optique, et l’image se dégrade quand on pousse le curseur à fond — une distinction que nous détaillons dans notre guide zoom optique contre zoom numérique.
Dans l’application, les deux flux s’affichent simultanément. Le grand-angle montre la scène complète, le téléobjectif le sujet d’intérêt. Et le geste qui change tout : taper sur une zone du grand-angle oriente immédiatement le téléobjectif vers ce point et déclenche le zoom. Pour couvrir une cour, une allée et une entrée avec un seul appareil au lieu de trois, le gain est réel — un cas d’usage que nous développons dans notre guide sur la surveillance d’une entrée et d’un portail.
Le suivi automatique : le vrai argument
La co-détection fait travailler les deux capteurs ensemble. Quand le grand-angle repère un mouvement, il transmet les coordonnées au téléobjectif, qui verrouille la cible et la maintient au centre du cadre. Le résultat dépasse ce que proposent les caméras PTZ mono-objectif de cette gamme.
En pratique, le téléobjectif suit un sujet qui traverse le jardin sans à-coups, y compris à la course. Plus notable encore : lorsque le sujet sort du champ du grand-angle, le téléobjectif continue de le suivre sur sa propre plage de rotation. Là où une caméra classique livre trois secondes d’un intrus qui traverse le cadre, la C9c produit une séquence exploitable de vingt à trente secondes.
La détection IA tourne en local et fait correctement le tri. Un insecte devant l’objectif, une branche agitée par le vent ou une averse ne déclenchent rien. Les notifications push n’arrivent que sur détection de personne ou de véhicule, avec un encadré rouge sur le flux. Si le sujet vous intéresse, notre guide sur la détection IA personne, animal et véhicule explique comment ces algorithmes distinguent les catégories.
Vision nocturne : trois modes, une vraie réussite
Trois régimes cohabitent. Le mode couleur allume des projecteurs LED qui éclairent la zone et restituent une image diurne jusqu’à 40 mètres — chez nous, jusqu’au portail, couleurs distinguables sans effort. Ces projecteurs jouent en prime un rôle dissuasif : un individu soudainement placé en pleine lumière a tendance à écourter sa visite.
Le mode infrarouge classique en noir et blanc conserve la discrétion, sans signaler que la zone est éclairée. Le mode intelligent combine les deux : infrarouge au repos, bascule automatique en couleur dès qu’un mouvement est détecté. C’est le réglage que nous recommandons, et l’arbitrage entre ces approches est détaillé dans notre guide vision nocturne couleur ou infrarouge.
Le suivi reste tout aussi efficace de nuit qu’en journée, et la netteté ne s’effondre pas : un visage reste identifiable à plusieurs mètres. Pour une caméra à moins de 70€, le rendu nocturne est le vrai bon élève de cette fiche.
Application, défense active et stockage
L’application EZVIZ compte parmi les plus lisibles du marché. Scan du QR code, appairage WiFi, et la caméra est opérationnelle en quelques minutes. La vue temps réel regroupe l’essentiel : capture photo par objectif, enregistrement, joystick PTZ pour orienter le téléobjectif à distance, parole bidirectionnelle, choix de la définition et mode image dans l’image pour garder le flux affiché en quittant l’application.
Le micro et le haut-parleur permettent de s’adresser à un livreur ou de rappeler un enfant à l’ordre depuis son téléphone. La fonction alarme déclenche flashs LED et sirène sur détection de présence. Elle est redoutablement efficace — et franchement bruyante. En maison mitoyenne ou en copropriété, réservez-la aux périodes d’absence prolongée.
Le mode patrouille laisse le téléobjectif balayer automatiquement sa plage complète, ou se limiter à des points de passage prédéfinis. Sur une caméra plaquée contre un mur, définir deux ou trois zones utiles vaut mieux qu’un tour complet. Les possibilités de motorisation sont comparables à celles décrites dans notre guide des caméras PTZ.
Côté stockage, deux voies : la microSD locale jusqu’à 512 Go, notre recommandation, ou le cloud CloudPlay en option. La compression H.265 réduit sensiblement l’espace occupé. EZVIZ annonce des serveurs européens et un chiffrement de bout en bout pour le cloud. Le sujet mérite qu’on s’y attarde : notre guide sur les caméras sans abonnement recense ce qui reste gratuit, marque par marque.
Ce qu’on lui reproche
L’alimentation secteur obligatoire reste le vrai frein. Sans prise à portée, ce modèle est hors course, et il faudra regarder du côté des solutions autonomes comme la Reolink TrackMix 4K solaire, qui adopte d’ailleurs le même principe de double objectif avec suivi, en 4K et sur panneau solaire, mais à un tarif nettement supérieur.
Le grand-angle non motorisé demande de bien réfléchir à son orientation le jour de la pose : une fois vissée, la vue d’ensemble est figée. Enfin, l’écosystème reste fermé — Alexa et Google Home sont pris en charge, mais pas HomeKit. Si votre domotique repose sur Apple, vérifiez avant de commander.
Verdict
À environ 70 €, la EZVIZ C9c 2K Dual fait tomber une barrière tarifaire : celle du double objectif motorisé avec suivi automatique. Le concept tient ses promesses — on couvre large et on conserve le détail, sans arbitrage. Le suivi par co-détection est le plus abouti que nous ayons relevé dans cette gamme d’après les fiches techniques, et la vision nocturne couleur à 40 mètres achève de justifier l’achat.
Elle s’adresse à une maison avec jardin, une entrée de garage ou une devanture de commerce : une grande zone extérieure à surveiller depuis un point fixe doté d’une prise électrique. Elle est en revanche surdimensionnée pour un usage intérieur simple, et disqualifiée d’office sur un point de montage sans courant.
Si vous hésitez encore avec d’autres modèles extérieurs, notre comparatif des caméras extérieures étanches 2026 la replace face à la concurrence, et la EZVIZ C8c constitue l’alternative mono-objectif de la même marque à moins de 45€, si le double flux ne vous est pas indispensable.